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Portrait « ManiFeste » 5/6 : Artur Akshelyan, compositeur

par Jéremie Szpirglas, le 25/06/15

Akshelyan-Kchrome

Organisé par l’Ircam, l’Académie du festival ManiFeste offre chaque année à de jeunes compositeurs venus du monde entier la chance de travailler avec l’Ensemble intercontemporain, ensemble associé de l’Académie. Du 15 au 27 juin date du concert final, nous vous proposons le portrait de six d’entre eux, qui participent à l’atelier de composition pour ensemble dirigé. Un atelier placé sous la conduite des compositeurs Ivan Fedele et Michael Jarrell, et sous la direction musicale du chef néerlandais Lucas Vis. Portrait n°5 : Artur Akshelyan, un jeune compositeur arménien.    

 

Né en 1984 à Erevan, Artur Akshelyan fait partie de la nouvelle génération de compositeurs arméniens. Une génération non plus tournée vers la Russie, comme au temps de l’Union Soviétique, mais vers l’occident. De fait, après s’être formé au Conservatoire d’état Komitas d’Erevan, auprès notamment de Vardan Adjemian, Akshelyan se perfectionne à la Haute Ecole de Musique de Genève, avec Michael Jarrell et Luis Naon — et parle aujourd’hui un français presque parfait.

Ne s’étant décidé que sur le tard pour la composition, il est partagé entre son geste créateur premier — ce qu’il appelle son « code génétique », sa mémoire, qui remontent à ses premières tentatives d’improvisation mélodique dans des contextes sonores inouïs — et les divers chocs esthétiques qui ont marqué son parcours, musicaux ou non — Artur Akshelyan est par exemple très inspiré par la peinture (comme par exemple Fresco pour clarinette, violoncelle et électronique).

« Adolescent, se souvient-il, j’étais fasciné par l’œuvre des Picasso, Kandinsky et quelques autres. Si je n’avais à l’époque ni éducation musicale académique, ni connaissance de la musique du vingtième siècle, j’imaginais pourtant déjà une musique qui figurerait un « équivalent », tout relatif naturellement, à ces univers picturaux. De manière générale, aujourd’hui encore, ce sont les diverses impressions qu’exercent sur moi mes expériences, qu’elles soient artistiques (scène de film, fragment de texte, figure architecturale) ou quotidiennes, qui me poussent à explorer mes émotions et déclenchent le processus compositionnel. C’est un travail sans fin, qui sédimente chaque nouvelle expérience dans mon imaginaire. Je suis convaincu que ces allers et retours permanents entre mémoire et vécu génèrent chaque fois de nouvelles perspectives sur des phénomènes déjà connus, voire déjà très définis. »

 

AKSHELYAN_Parallel_Lives_PO-5

Sont-ce à ces allers et retours auxquels le jeune compositeur fait référence dans son œuvre écrite spécialement pour l’atelier avec l’Ensemble intercontemporain, intitulée Parallel Lives ?

Pas véritablement, répond-il. « J’ai voulu créer ici un petit univers où chaque instrument serait un élément représenté par sa ligne propre, dit-il. Toutes ces sonorités évoluant en parallèle dans le même univers harmonique, diverses possibilités de combinaison entre elles peuvent apparaître. J’ai eu à cœur de trouver un continuum cohérent dans l’intégration de tous ces éléments, alors même qu’il peut exister différents types de classification de ces figures au sein de la même matrice. Ainsi nait une musique fluide, un organisme vivant, qui tire une énergie substantielle d’une introduction dense et hautement répétitive. L’œuvre se referme sur un calme éthéré et ambivalent — un matériau que j’aimerais d’ailleurs élargir à l’avenir. »

 

 

Photos DR

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