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Portrait « ManiFeste » 4/6 : Adrien Trybucki, compositeur

par Jéremie Szpirglas, le 23/06/15

Adrien Trybucki

Organisé par l’Ircam, l’Académie du festival ManiFeste offre chaque année à de jeunes compositeurs venus du monde entier la chance de travailler avec l’Ensemble intercontemporain, ensemble associé de l’Académie. Du 15 au 27 juin date du concert final, nous vous proposons le portrait de six d’entre eux, qui participent à l’atelier de composition pour ensemble dirigé. Un atelier placé sous la conduite des compositeurs Ivan Fedele et Michael Jarrell, et sous la direction musicale du chef néerlandais Lucas Vis.  Portrait n°4 : Adrien Trybucki, un jeune compositeur français.

Violoncelliste de formation, le toulousain Adrien Trybucki se tourne très vite vers la composition. Alors qu’il n’a que 13 ans, l’Orchestre du CRR de Toulouse créé sa première œuvre orchestrale… De là, il suit le cursus « classique » pour les aspirants compositeurs en France. Au CRR de Toulouse d’abord, au CNSMD de Lyon ensuite, il se forme à la composition instrumentale, vocale et électroacoustique, à l’écriture, à l’analyse, mais aussi à la direction d’orchestre, et à l’histoire des arts. Entretemps, il continue à pratiquer son instrument, en solo, musique de chambre et en musique d’ensemble. Adrien Trybucki nourrit un vif intérêt pour la musique ancienne, et se tourne avec une grande curiosité vers d’autres cultures musicales, y compris traditionnelles : dans sa musique, il peut ainsi convoquer à l’envi les aborigènes australiens (Patha pour accordéon et électronique), la mythologie grecque (Après Achéloos pour hautbois, violoncelle, vibraphone et électronique, Souvenirs Delphiques pour flûte alto, percussion et harpe) ou l’imaginaire russe (Après Narodnaïa pour clarinette et accordéon).

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Par ses titres à la fois sophistiqués (Fin de Ph(r)ase), poétiques (Éternelles Lueurs Grenat) ou cryptiques (In-Quarto ou In-Octavo), son catalogue révèle un esprit singulier et exigeant, jouant d’illusions kaléidoscopiques, ou s’attachant à un détail qui pourra générer une texture, une géographie sonore, une forme. « Pour moi, dit-il, le titre n’est finalement qu’une proposition de lecture, qu’elle soit poétique ou totalement abstraite. Je n’ai pas l’ambition d’imposer à l’auditeur un imaginaire mais plutôt de suggérer un élément qui puisse ouvrir à toutes les subjectivités possibles. C’est une porte d’entrée vers un univers propre à chacun, plutôt qu’un chemin déjà tout tracé. »

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À ce titre, Magma, la pièce qu’il compose dans le cadre de l’Atelier de musique d’ensemble dirigé, est un cas particulier. « Ayant dû rendre une note d’intention avant même d’écrire l’œuvre, le titre est ici programmatique, déclare le jeune compositeur. J’ai choisi de prendre cette idée très simple de cristallisation d’une matière fluide en un élément plus sécant, sans savoir exactement comment je la traiterai pour la transposer musicalement. Un exercice de style en quelque sorte ! »

Photos : Portrait (c) Adrien Trybucki / autres photos (c) Franck Ferville

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