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Portraits en « clair-obscur » 3/6 : Claude Vivier, compositeur

par Jéremie Szpirglas, le 01/12/14

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Les 5 et 6 décembre 2014, deux nouvelles soirées « Turbulences » nous emmèneront explorer les territoires musicaux en « clair-obscur » proposés par le jeune compositeur et artiste électro Marko Nikodijevic. Découverte de l’univers musical de ces deux concerts avec 6 portraits de compositeurs au programme. Aujourd’hui portrait du compositeur québécois Claude Vivier ( 1948-1983),  personnalité hors-normes du monde de la création musicale. 

Claude Vivier est une personnalité hors du commun, dont la mort violente, dans des circonstances troubles et encore non élucidées, ne fait que renforcer une légende qui mêle excentricité, mysticisme et talent. Son enfance québécoise est marquée par son éducation au séminaire et ses rapports équivoques avec la foi ont fait de la musique sa véritable religion. Mystique, il conçoit la musique comme un rituel, une communion spirituelle.

Claude Vivier disait être né par trois fois « à la musique » : une première fois, enfant, lors d’une messe de Minuit, la deuxième en découvrant l’œuvre de Varèse, et la troisième fois avec Stockhausen. Il étudia auprès de ce dernier à Cologne, après être passé dans la classe de Gilles Tremblay au conservatoire de Montréal, puis à l’Institut de Sonologie d’Utrecht, pour compléter sa formation à Paris avec Paul Méfano.

Après une période « conceptuelle » placée sous le signe du structuralisme, Claude Vivier s’intéresse au début des années 1970 à la voix, au travers d’une écriture homophonique. En 1976, il entreprend un long voyage en Orient : Japon, Iran, Java et surtout Bali, où il séjourne trois mois, et dont il retient non seulement plusieurs éléments de technique musicale, mais aussi le principe d’une intégration de l’art dans la vie. En 1978, il se lance dans la composition d’un opéra, Kopernikus, créé en 1980, et dont il écrit lui-même le livret – une œuvre étrange, qui mêle mythologie, histoire des sciences, histoire de la musique, mysticisme et ésotérisme.

Également attiré par le cinéma, Vivier tourne en 1981 dans L’Homme de Pékin, une vidéo qu’il co-réalise avec Daniel Dion et Philippe Poloni, et projette d’écrire un opéra sur la vie de Tchaikovski. En 1982, il s’établit à Paris, où il meurt assassiné, laissant inachevée sa dernière œuvre, Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele pour chœur et cinq instrumentistes.

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