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Entretien avec Eric-Maria Couturier, violoncelliste

par Lou Madjar, le 06/12/14

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Le 12 décembre prochain Eric-Maria Couturier, violoncelliste à l’Ensemble, interprétera des  œuvres de Iannis Xenakis et Fausto Romitelli dans le cadre, en même temps baroque et contemporain, du Palazzo Grassi à Venise. Entretien.

On dit souvent que Iannis Xenakis a poussé le jeu instrumental à des extrêmes inimaginables avant lui. Qu’en pensez-vous, en particulier pour son œuvre pour violoncelle ?

Avec des œuvres comme Kottos et Nomos Alpha, on entre dans une zone de sensations très particulières. Le rapport aux références est bousculé, on ne sait plus s’il s’agit d’une musique ultra-contemporaine ou ultra-primitive. On y reconnaît en effet de l’Antique, du rituel. On est partagé entre liberté sauvage de l’écriture — et, par conséquent, liberté « sauvage » d’interprétation — et précaution pour respecter et valoriser certains détails, quitte à se perdre parfois dans une vision microscopique.

Quel rôle ont joué ces explorations instrumentales de Xenakis dans le développement des esthétiques dites « saturées », à commencer par celle de Fausto Romitelli ?

Xenakis attirait déjà les foules fascinées par l’abstraction et l’énergie de sa musique. Celle-ci a pu permettre aux musiciens comme Fausto Romitelli de lancer des ponts vers une évocation non négligeable des musiques actuelles.

Que représentent ces techniques de jeu pour le musicien, au regard d’une virtuosité plus « classique » ?

Pour le compositeur comme pour l’interprète, l’énergie mise en œuvre est manifeste. L’engagement est maximum, d’un bout à l’autre. On ne peut plus cacher la fatigue derrière un quelconque cadre classique.

Comment travaille-t-on une œuvre de musique de chambre comme Domeniche alla periferia dell’impero de Fausto Romitelli?

Chez Romitelli, on a toujours le sentiment d’un balancement lié au souffle rythmé, comme une danse, une transe dans une ambiance un peu obscure. L’utilisation de la flûte basse ou de la flûte en sol est caractéristique, mêlant souvent du souffle à des textures aiguës et graves à la fois. Ces sons me rappellent un peu certains films de Tim Burton.

Photo (c) Franck Ferville

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