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Portraits « ManiFeste » (6/6) : Juan de Dios Magdaleno, compositeur

par Jéremie Szpirglas, le 27/06/14

DiosMagdaleno_NBDu 24 juin au 5 juillet 2014, l’Ensemble participe aux ateliers de composition de l’Académie ManiFeste organisée par l’Ircam. Nous vous invitons à découvrir six des jeunes compositeurs retenus pour cette édition qui se terminera en musique avec deux concerts de création au 104 (Paris) , le premier le 28 juin et le second le 5 juillet. Le sixième et dernier  portrait de cette série est consacré au compositeur mexicain  Juan de Dios Magdaleno.

Né à Colima, une petite ville mexicaine située à quelques kilomètres de la côte Pacifique, Juan de Dios Magdaleno fait ses premières armes au sein d’ensembles traditionnels. Violoniste de formation, il travaille intensivement le répertoire classico-romantique, avant de découvrir, à l’âge de quatorze ans, la musique contemporaine : le compositeur qui dirige le chœur de l’université l’initie d’abord avec Kontakte de Stockhausen, puis, il entend pour la première fois les Dix pièces pour quintette à vent de Ligeti en concert. C’est un choc. Et une révélation. Son environnement ne lui permettant pas d’étudier davantage le sujet, il lui faudra attendre de quitter son pays. Voyageur infatigable, il sillonnera l’Europe, s’arrêtant à Amsterdam, où il étudie auprès de Fabio Nieder de Richard Ayres, puis à Graz, où il reçoit les conseils de Gerd Kühr. Ces déplacements le mènent aussi en Pologne, en Angleterre, en Italie, en Espagne ou en France.

« Je suis depuis mon plus jeune âge un “migrant éternel”, dit-il. Avant de m’installer en Europe, j’ai vécu dans dix-huit ou dix-neuf lieux différents. Cela a certainement façonné bien des aspects de ma personnalité et de mon identité esthétique. Je suis par exemple convaincu que mon fort intérêt pour les formes cycliques et pour les différentes formes de systèmes dynamiques non linéaires (systèmes chaotiques) en est, d’une certaine manière, un produit. »

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Juan de Dios Magdaleno avec Julien Leroy au Centquatre

Cet intérêt trouve probablement également sa source dans les études de mathématique et d’architecture qu’il a suivies parallèlement à sa formation initiale en composition – le situant ainsi comme un lointain disciple de la pensée de Xenakis. Si certains de ses titres font ainsi référence à des « processus de géométrie dynamique », n’écartons pas les nombreuses autres références qui nourrissent son imaginaire artistique, telles que la littérature, la poésie ou la mythologie aztèque.

« D’une certaine manière, je crois que l’association d’approches stylistiques différentes peut ouvrir de nouvelles perspectives à ma musique. Je ne parle pas là de collages musicaux, mais bien plutôt d’une musique dont les matériaux et les développements formels sont filtrés par des postures esthétiques plus ou moins distinctes. Cela dit, je suis toujours en train de me chercher et d’essayer de faire sortir ce fameux “moi”. »

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photos : portrait DR / autre photo : Luc Hossepied pour l’Ensemble intercontemporain

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