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Trois questions à Jukka Tiensuu, compositeur

par Jéremie Szpirglas, le 02/05/14

Tiensuu_NB

Le compositeur finlandais Jukka Tienssu a pour principe de ne jamais parler de ses œuvres. Nous ne saurons donc rien de Hehkuu, sa dernière création pour scheng et ensemble qui sera interprétée par Wu Wei et l’Ensemble le 16 mai à la Cité de la musique. Il explique ci-après ce parti pris radical.   

Vous êtes connu pour ne jamais écrire sur vos œuvres, ni même les commenter. Vous encouragez même vos collègues à ne pas écrire de note pour les programmes de salle craignant de réduire l’attention de l’auditeur en l’orientant. Pourquoi cela ?
Je suis toujours partant pour discuter de musique, d’art, de la vie, de l’univers et de tout le reste, tout le temps et de manière aussi approfondie qu’on voudra — lorsque ce n’est pas dans le contexte de ma composition. Soit mon travail parle de lui-même, soit j’ai échoué et je me dois de me donner plus de mal la fois suivante.

Qu’en est-il des titres ? Ne sont-ils pas, eux aussi, susceptibles d’orienter l’attention du public ? Comment les choisissez-vous ?
C’est plutôt la composition qui choisit le titre. Ainsi, je dois faire confiance à mon titre pour jouer le rôle de clef, plus que celui de serrure, aux grands mystères de la musique.

Vous donnez une certaine place à l’improvisation dans votre travail : pourquoi ?
En réalité, pas tant que ça. Je suis même assez méticuleux en ce qui concerne la notation de la musique. Cela dit, étant moi-même un improvisateur, je me sens obligé à donner aux solistes de mes concertos l’opportunité de faire montre de leurs virtuosités spécifiques (en restant fidèles au langage musical et au caractère de la pièce en question). Toutefois, je fournis en général des alternatives écrites à ces cadences, dans le cas où le musicien préfèrerait ne pas improviser.

Photographie DR

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