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Metz, un cas d’école ?

par Ensemble intercontemporain, le 29/04/97

Les résidences de compositeurs se développent. Elles permettent d’établir des liens entre les auteurs, les interprètes et le public. Michèle Paradon, responsable de la programmation artistique de l’Arsenal, construit en 1989, nous parle de ces résidences.

 

Quels sont les objectifs des résidences de compositeurs ?

L’objectif premier est de provoquer des rencontres, avec la Philharmonie de Lorraine et le conservatoire national de région de Metz, entre les étudiants, les musiciens et les compositeurs. Il s’agit de sensibiliser les musiciens aux nouvelles techniques d’écriture et de jeu. Et puis bien sûr d’amener le public des concerts à découvrir ces musiques d’aujourd’hui. Trois axes sont retenus dans le cadre de la résidence : formation auprès des musiciens de l’orchestre et des étudiants du conservatoire ; diffusion, lors des programmes de musique nouvelle de l’Arsenal ; création, avec la commande d’une œuvre destinée à la Philharmonie de Lorraine. Nous avons accueilli en 1995-1996 le compositeur Patrick Marcland, qui est intervenu dans les classes d’écriture et les classes de formation musicale et a fait travailler les élèves du CNR sur quelques-unes de ses pièces. Avec l’aide de l’orchestre, nous avons redonné ses principales œuvres au cours de la saison, et il a reçu une commande pour chœur et orchestre, Maldoror, qui sera créée le 14 décembre 1997. Pour la saison 96-97, c’est Edith Canat de Chizy qui a été retenue. La Philharmonie de Lorraine avait déjà enregistré son Tombeau de Gilles de Rais. Deux œuvres lui ont été commandées : un concerto pour violoncelle et orchestre destiné à la Philharmonie de Lorraine, et une pièce pour piano et percussions destinée aux professeurs du conservatoire de Metz.

 

Les résidences de compositeurs permettent-elles une relation différente avec les autres institutions ?

Oui, notamment l’université. Celle de Metz est relativement jeune – elle fête ses vingt ans cette année – avec un département de musicologie assez important. L’arrivée de nouveaux professeurs a permis de nouer des relations. Grâce à Pierre Michel, responsable du cours de musique contemporaine, le compositeur en résidence est accueilli à plusieurs reprises. Un cycle plus important est organisé autour de Maurice Ohana (dont Edith Canat de Chizy a été l’élève), et l’autre sur le thème du sacré. Nous travaillons aussi en liaison avec l’Education nationale, dans le cadre de cycles de formation permanente des professeurs.

 

Quelle est l’influence de ces résidences sur la programmation de l’Arsenal ?

Depuis trois ans, le cycle intitulé Musique nouvelle, qui comprend six concerts, nous amène à présenter les œuvres du compositeur en résidence et des pièces de référence que nous choisissons avec lui. Par ailleurs, lorsque nous invitons de grands orchestres étrangers, nous demandons que le programme présente une œuvre de musique contemporaine – ou au minimum une œuvre du XXe siècle. Nous essayons de « colorer » la programmation, même celle de nos concerts « prestige».

 

Quel caractère souhaitez-vous donner à ce lieu ?

Nous voulons inscrire la salle dans une certaine « modernité ». Avant l’ouverture de l’Arsenal, le public avait accès à des concerts plutôt classiques et, trois ou quatre jours par an, aux Rencontres internationales de musique contemporaine. Nous avons voulu instituer des rendez-vous réguliers ainsi que des propositions de concerts et de spectacles différentes. Nous avons notamment développé une programmation de danse contemporaine et nous privilégions l’accueil de spectacles avec de la musique vivante. En 1996, Patrick Marcland a créé une pièce pour un spectacle de danse avec les solistes de l’Ensemble intercontemporain, Etude, sur une chorégraphie de Nadine Hernu, que nous avons coproduit. Les spectacles de danse contemporaine amènent un autre public à entendre des œuvres d’aujourd’hui. Dans la mesure où ces actions amènent une autre approche du concert, elles portent leurs fruits, même s’il faut probablement laisser du temps au temps.

 

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Extrait d’Accents n° 2 – avril-juin 1997

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