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ictus : portrait d’un ensemble éclectique

par Ensemble intercontemporain, le 03/04/12

« Collectif fixe de musiciens » basé à Bruxelles, l’ensemble Ictus, qui se décrit spontanément comme un « band » de musique contemporaine est devenu, depuis sa fondation en 1994, un acteur européen majeur de la création musicale et de sa  diffusion.

Après avoir rendu visite au London Sinfonietta l’été dernier, Accents online poursuit sa série sur les ensembles de musique contemporaine en Europe dans un dossier en trois parties sur la formation belge : I. Origine et fonctionnement /  II. Projet artistique /  III. Paroles d’interprètes

 

I. ORIGINE ET FONCTIONNEMENT DE L’ENSEMBLE

1- La genèse d’Ictus
Jean Luc Plouvier, coordinateur artitstique

2- La collaboration avec les compositeurs
Lukas Pairon, directeur général


3- L’organisation d’Ictus
Lukas Pairon

4- Le fonctionnement de l’Ensemble
Jean-Luc Plouvier et Lukas Pairon

5- Les partenaires financiers de l’Ensemble
Lukas Pairon

 

 

II. LE PROJET ARTISTIQUE
par Jean-Luc Plouvier, coordinateur artistique

1-Ictus et  les percussions

D’où vient le nom de l’ensemble, Ictus ? En prosodie latine antique, explique Jean-Luc Plouvier, ce mot désigne la scansion du rythme, le battement de la mesure. Le coordinateur artistique de la formation précise que ce nom n’a pas été donné au hasard et que la dimension percussive, rythmique voire « bruitique » de la musique a toujours été importante dans le style d’Ictus.

2-l’Esthétique contemporaine

Pour Jean-Luc Plouvier, deux innovations musicales rendent la musique plus difficile à écrire  depuis les années 1950 : l’introduction de la voix parlée et l’usage de l’électronique. Ces deux innovations rendent la part mélodique moins prégnante ; elles nécessitent de la part des interprètes une attention particulière au « swing », une capacité d’improvisation rythmique plus importante que par le passé. Ictus prend acte de cette évolution en développant des projets volontiers « expérimentaux », à partir d’œuvres de compositeurs puisant dans plusieurs styles musicaux.

3-Musique et danse

Cette évolution tend à faire perdre sa « solennité » à la notion d’œuvre musicale. Le plus souvent, les concerts d’Ictus ne sont donc pas tant construits autour d’une œuvre phare, que dans une dramaturgie se construisant autour d’une succession de pièces musicales mais aussi chorégraphiques : l’ensemble réside en effet dans les locaux de la compagnie Rosas d’Anne Teresa De Keersmaeker, avec qui une collaboration fructueuse s’est mise en place depuis plus d’une décennie.

4- Liquid Room

Un des projets novateurs développé ces dernières années par Ictus s’intitule « Liquid Room ». C’est une tentative pour transformer les habitudes d’écoute du concert, faire entendre la musique contemporaine différemment et toucher ainsi un public non spécialiste de ce champ. Explication.

III. PAROLES D’INTERPRETES

Deux interprètes d’Ictus, le flûtiste Michael Schmid et le violoncelliste François Deppe partagent leur expérience de jeu et de vie au sein de l’ensemble.

1-Michael Schmid, flûte

Pour le flûtiste Michael Schmid, un des rares interprètes qui a rejoint l’ensemble depuis 2004, Ictus est une aventure autant humaine que musicale. La qualité des relations personnelles qui y a cours permet un travail artistique « en profondeur », une « prise de risque » supérieure à celle qu’il a rencontrée dans d’autres formations. Les instrumentistes sont volontiers invités à changer de rôle, comme dans The Letter de Harry Partch que Michael Schmid interprète au chant (voir photo ci-dessus). Finalement, Ictus ressemble plus à un « band » qu’à une formation figée : il y règne un « flou », une « énergie chaotique » qui permet à chaque interprète de librement s’exprimer.



2-François Deppe, violoncelle

François Deppe, violoncelliste co-fondateur de l’ensemble, reconnaît l’importance des percussions au sein de la formation bruxelloise – qui a même un temps hébergé un « quatuor Ictus » composé de deux pianos et deux percussions. Mais il considère que les projets menés par Ictus répondent plus largement à une esthétique cohérente permettant à chaque interprète de travailler sa sensibilité et sa technique instrumentale en lien avec les propositions spécifiques d’un compositeur. Cette possibilité lui a été offerte en concert mais aussi en enregistrant des disques avec l’ensemble, notamment au contact des œuvres de Tristan Murail, Jonathan Harvey ou Fausto Romitelli. Ce dernier est l’auteur de la « cadence » pour violoncelle électronique du Professor Bad Trip : Lesson II qui accompagne l’interview du violoncelliste.

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Interviews et montage son : Benjamin Bibas (Radiofonies Europe)
Coordination éditoriale : Véronique Brindeau
Photographies :  portraits copyright Luc Hossepied / autres photos DR

 

 

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