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Jonathan Harvey : Death of Light, Light of Death

par Ensemble intercontemporain, le 10/04/16

Le 28 avril 2016 à Barcelone, les solistes de l’Ensemble intercontemporain interpréteront Death of Light/Light of Death, de Jonathan Harvey, avant de reprendre cette pièce le 5 mai à Cologne. Nous rééditons pour l’occasion un guide d’écoute audio analysant une œuvre qui  synthétise  le rôle  que le compositeur britannique attribue à la musique : «  le propos de la musique est à mes yeux de révéler la nature de la souffrance et de la guérison. C’est la grande question de l’existence. »

Introduction à Death of Light/Light of Death par Jonathan Harvey

Death of Light/Light of Death été écrite d’après la « Crucifixion » figurant dans le Retable d’Issenheim de Grünewald. Elle a été commandée par le Musée d’Unterlinden de Colmar et l’Ensemble intercontemporain pour le concert annuel du vendredi saint et créée le vendredi 10 avril 1998 par les solistes de l’Ensemble intercontemporain devant le Retable de Grünewald au Musée d’Unterlinden. L’œuvre comprend 5 moments ou mouvements :

1. Jésus crucifié
Le corps sur la croix portant les horribles cicatrices d’une terrible torture physique.
2. Marie Madeleine
Agenouillée, penchée en arrière pour regarder follement, passionnément Jésus, les mains implorantes.
3. Marie, mère de Jésus
Pâle, évanouie, presque morte, épuisée.
4. Jean l’apôtre
Tenant le corps inanimé de Marie, pleurant désespéré.
5. Jean-Baptiste
Par contraste, complètement impassible, solennel, voyant un autre monde, tandis que de l’autre côté de la peinture, il désigne son sujet, Jésus.

Les cinq personnages de la toile de Grünewald sont décrits, tour à tour, par la musique. On ressent véritablement dans cette peinture qu’une catastrophe s’est produite, ce qui lui donne un attrait particulier pour les sensibilités de notre temps. Peut-être aucune crucifixion n’a-t-elle jamais semblé aussi dévastatrice, la Lumière a même disparu. Cependant, du côté opposé à la croix, Jean-Baptiste, un personnage sorti des morts, apparaît au cortège funèbre endeuillé. Il montre que, malgré les apparences, les évangiles seront écrits – il les tient dans sa main – et désigne ainsi la mort de Jésus comme un message d’espoir. Dans la mort elle-même, la signification ultime peut être prophétiquement trouvée par ceux qui ont des yeux pour voir – un message pour toutes les religions, toutes les croyances et non-croyances.

Jonathan Harvey

1-Introduction musicale

2-Le retable de Grünewald

3-Interview avec Didier Pateau, hautbois

4-Premier mouvement (extrait)

5-Le retable de Grünewald,  par Jonathan Harvey

6-Jonathan Harvey commente le troisième mouvement

7-Premier mouvement (répétition)

8-Deuxième mouvement (répétition et extrait)

9-Interview avec Pierre Strauch, violoncelle

10-Troisième mouvement (extrait)

11-Quatrième mouvement (extrait)

12-Interview avec Frédérique Cambreling, harpe

13- Jonathan Harvey commente le cinquième mouvement

14-Cinquième mouvement (extrait)

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Conception et présentation : Sophie Barrouyer / Prise de son et mixage :  Jean Radel / Avec la participation de Frédérique Cambreling, Didier Pateau, Pierre Strauch, Jonathan Harvey, Albert Raber /Editeur : Faber

Photo Jonathan Harvey © Philippe Gontier

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