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Un laboratoire de création.

par Matthias Pintscher, le 04/05/18

En mai l’EIC s’aventure dans les nouveaux territoires de la création avec Dronocracy, un projet transdisciplinaire inédit dont nous parle Matthias Pintscher dans son instant M.

Présenté le 29 mai prochain à la Comédie de Reims, Dronocracy de Laurent Durupt est une véritable aventure transdisciplinaire née sous les meilleurs auspices. Nous avons en effet voulu offrir à l’équipe les conditions les plus propices à leur recherche artistique. Ce qu’on pourrait appeler un « laboratoire de création », ouvert à toutes les expériences, sans que s’exerce sur le créateur les contraintes habituelles. Laurent Durupt et toute l’équipe ont par exemple bénéficié de plus de temps que d’habitude pour ce type de projets. Outre l’expérience que cela suppose, j’aimerais souligner combien ce genre de création sollicite la versatilité du talent de nos solistes : ce ne sont pas seulement des musiciens exceptionnels, ce sont de véritables « performers ». À l’heure où l’on va vers toujours plus de croisement entre les arts de la scène, nos rangs s’enrichissent d’une nouvelle génération d’artistes qui aspirent à aller toujours plus loin, au-delà du musical. De la même manière, dans ce « laboratoire », le compositeur ne se contente pas d’écrire la musique : il participe à toutes les dimensions de l’œuvre et de sa présentation.

En voyant cela, j’ai un peu le sentiment d’être un « dinosaure », moi et toute ma génération de compositeurs ! Lorsque nous avons eu l’idée de ces nouveaux modes de production, je me suis demandé comment je pourrais en profiter moi-même, dans le cadre de mon travail de composition. C’est une question difficile car c’est un fonctionnement à l’opposé de ma pratique : habituellement, lorsque j’arrive face aux musiciens, j’ai déjà en main une partition « aboutie ». Ici, au contraire, il s’agit d’imaginer avec les interprètes un projet qui ne suit pas une partition minutieusement écrite en amont. Que faire, donc, d’un tel laboratoire, d’un tel atelier musical ? Je pense quant à moi que j’aimerais tenter de me défaire de ce que je sais, pour aller vers ce que j’aimerais savoir. J’adorerais par exemple passer des heures avec un corniste pour découvrir tout ce que je ne connais pas de cet instrument et de ses modes de jeu tout en restant vigilant à ne pas trop se laisser « distraire » de mon intention initiale par toutes les possibilités ainsi découvertes.

Lire aussi l’entretien avec Laurent Durupt sur Dronocracy 

Photos (de haut en bas) : © Frank Ferville / © Quentin Chevrier

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