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Le choix de l’expressivité . Entretien avec Leigh Melrose, baryton.

par Jéremie Szpirglas, le 18/09/17

Leigh Melrose_credit Chris Gloag-DEF

Leigh Melrose est un baryton résolument actuel. Il fournit même sur son site une biographie « Twitter », en moins de 140 signes : « Leigh chante tout, de Mozart à Maxwell Davies, avec une préférence (sur scène) pour la folie. » On ne s’étonnera pas dès lors de le retrouver au « casting » du théâtral et burlesque Renard d’Igor Stravinsky le 23 septembre prochain à la Philharmonie de Paris. L’occasion de lui demander pourquoi les musiques du vingtième siècle à aujourd’hui le passionnent autant.

 

Leigh, pourquoi vous intéressez-vous autant au répertoire contemporain ?

Je me suis toujours intéressé aux nouvelles œuvres. Alors que nombreux sont ceux qui apprécient les classiques établis, j’ai toujours aimé aller à la découverte de nouvelles musiques, de nouveaux sons, emprunter un chemin plus aventureux. J’aime la large fourchette expressive offerte par les musiques d’aujourd’hui, qui embrasse les harmonies les plus saisissantes comme les dissonances les plus âpres, souvent au sein d’une même pièce. Ce qui me fascine le plus dans le répertoire contemporain, toutefois, c’est tout ce qu’il permet en matière d’expressivité : cris, soupirs, et même gloussements, peuvent être utilisés pour donner vie aux émotions humaines les plus extrêmes.

Vous avez déjà chanté avec l’EIC : comment s’est passée cette expérience ?

Les solistes de l’EIC sont pour moi tout simplement les meilleurs ! Leur technicité est proprement stupéfiante, et si l’on y ajoute leur impressionnante palette de couleurs et de textures, on obtient une expérience musicale magique. Le revers de la médaille, c’est que c’est parfois assez intimidant de travailler avec eux, mais c’est aussi toujours hautement stimulant. J’ai chanté avec ces musiciens une grande variété de répertoires et j’ai pu constater que, des passages les plus diaphanes d’un cycle de mélodies aux opéras électroacoustiques les plus ambitieux, ils font toujours preuve d’autant de talent et d’énergie.

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Leigh Melrose dans l’opéra Solaris de Daï Fujikura, Théâtre des Champs-Elysées, 2015 

Vous chanterez cette fois dans le cadre d’un « Grand Soir Stravinsky ». Avez-vous le sentiment que l’héritage esthétique du compositeur de Renard est encore palpable aujourd’hui ?

Stravinsky est l’un des titans de la musique contemporaine. Son style aventureux a inspiré bien des compositeurs après lui. Le Sacre du printemps, par exemple, représente un véritable séisme dans l’univers de la musique dite classique et, à bien des égards, je crois que nous n’en sommes pas encore remis. À l’époque, l’œuvre a provoqué de véritables émeutes alors qu’elle est aujourd’hui entrée dans l’histoire de la musique.

 Renard d’Igor Stravinsky, Covent Garden, 1929. 

Que représente Renard  pour vous ?

J’adore sa nature burlesque. Avec ses emprunts à la musique traditionnelle ainsi que ses couleurs de cirque ou de carnaval, c’est une œuvre très drôle qui  bouscule les conventions. Pour l’interprète, même si la pièce peut paraitre relativement courte, elle est aussi d’une grande densité et il faut être constamment sur le qui-vive !

 

Photos (de haut en bas) : © Chris Gloag / © EIC / © Sasha/Getty Images

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