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Retour sur 2016-17. Martin Adámek, clarinettiste : « Une première saison pleine d’aventures. »

par Jéremie Szpirglas, le 30/06/17

Martin ADAMEK(c)Frank Ferville_IMG5195

Une saison s’achève, une autre s’annonce. Quelques solistes partagent avec nous leurs expériences les plus marquantes en 2016-17. Entretien en forme de petit bilan avec, aujourd’hui,  Martin Adámek, clarinettiste, qui a rejoint l’Ensemble en septembre 2016. 

Martin, quelles sont vos impressions après cette première saison avec l’Ensemble intercontemporain ?

Comme l’un de mes collègues me l’a récemment fait remarquer, ma première saison avec l’EIC s’est ouverte et refermée par deux concerts à Berlin. Ces deux concerts, bien que tout à fait différents, étaient placés sous la direction de Matthias Pintscher avec de surcroit sa musique au programme : sonic eclipse le 9 septembre 2016 et Mar’eh le 17 juin 2017 à la Pierre Boulez Saal (photo ci-dessous). Cette jolie symbolique est la cerise sur le gâteau d’une saison qui, pour moi personnellement, fut bien évidemment exigeante et en même temps pleine d’aventures, de découvertes et de moments musicaux et personnels inoubliables ; une saison, aussi, placée sous le signe d’amitiés naissantes, qui inaugure une nouvelle période de ma vie, différente et passionnante. Tout cela renforcé par le privilège de faire partie de ce groupe d’exception qu’est l’Ensemble intercontemporain.

Ensemble Intercontemporain & MATTHIAS PINTSCHER im Pierre Boulez Saal

 

Quels ont été les grands moments de cette saison ?

Il me faut sans aucun doute revenir sur notre tournée en Asie en octobre dernier, qui nous a menés à Taipei, Hong-Kong, Seoul et Tongyeong. J’ai eu l’occasion de découvrir de nouvelles œuvres en nombre et des pays exotiques et attachants. Je n’oublierai jamais non plus mon tout premier concert à Berlin dont j’ai déjà parlé, ou mes premiers Répons les 16 et 17 septembre 2016 à Duisburg en Allemagne. Mais mon plus grand souvenir jusqu’à aujourd’hui reste les trois concerts célébrant les 40 ans de l’EIC en mars dernier. Non seulement j’ai eu l’opportunité de partager des moments touchants et de grande émotion avec mes collègues — dont certains étaient déjà là à la naissance de l’Ensemble —, mais j’ai eu l’honneur de me produire en solo dans une pièce d’Elliott Carter, Gra, lors de la grande soirée du 17 mars à la Cité de la musique (photo ci-dessous). Le souvenir que j’ai le plus frais en mémoire, cependant, est le concert du 17 juin dans la toute nouvelle Pierre Boulez Saal à Berlin : une acoustique exceptionnelle et une ambiance intimiste, créée par un public attentif et respectueux, pour refermer une saison formidable.

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Quelles sont les activités que vous aimeriez plus particulièrement poursuivre ?

Ce que j’ai le plus envie de poursuivre, c’est d’abord le travail avec les autres solistes de l’Ensemble, ces instrumentistes et musiciens exceptionnels engagés dans des projets interdisciplinaires et pédagogiques — ce sont là les caractéristiques les plus évidentes qui distinguent l’EIC des autres ensembles. J’ai déjà pris part à quelques projets et je veux en faire davantage : continuer à explorer, sortir de ma « zone de confort » et découvrir mes propres besoins et passions. Depuis quelques mois, outre les projets pédagogiques, qui œuvrent à la cruciale popularisation de la musique contemporaine, je m’intéresse de plus en plus à la dimension chorégraphique de la performance. C’est ainsi que j’aimerais étudier et interpréter des pièces comme Harlequin de Karlheinz Stockhausen, pour faire face à ce défi.

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Quelles sont vos attentes pour la saison 2017-18 ?

J’ai hâte de travailler avec les compositeurs, de découvrir les nombreuses nouvelles œuvres que nous allons créer, et de participer à des projets passionnants et originaux. Je me réjouis également de jouer à nouveau Répons à New York en octobre prochain et de collaborer avec les musiciens de l’Orchestre de Paris, mais aussi avec mes collègues, lors des concerts de musique de chambre. Dans ma tête, je rêve aussi de grandes productions, comme par exemple la véritable odyssée sonore d’Olga Neuwirth, Le Encantadas o le avventure nel mare delle meraviglie que nous jouerons à Vienne en novembre.

 

Photos (de haut en bas) : © Franck Ferville / © Peter Adamik / autres photos © EIC

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